L'European Payment Index 2011

 
Date: lundi 23 mai 2011

 

L'European Payment Index 2011, septième édition de l'enquête annuelle conduite par Intrum Justitia quant aux paiements, aux risques et à la confiance des entreprises, a interrogé près de 6000 entreprises dans 25 pays d'Europe.

 

Chiffres clés pour l'Europe

  • En Europe, le nombre de factures impayées a continué de croître en 2010 et se traduit par des créances amorties passant de 2,6% à 2,7% (une augmentation de 12 milliards au cours des douze derniers mois). Ceci équivaut à une perte totale annuelle de 312 milliards d'euros, soit de 855 millions d'euros par jour. Ce chiffre stupéfiant dépasse même l'enveloppe dédiée au soutien financier européen de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.
  • Le montant total des factures impayées en Europe au cours des cinq dernières années n'atteint pas moins de 1.300 milliards d'euros, une somme que l'on peut considérer comme une perte sèche.
  • L'année dernière, à peine 50% de toutes les factures européennes ont été payées en temps voulu, contre 52% in 2009.
  • L'Europe dévoile un paysage marqué par de fortes différences entre pays (par exemple l'Allemagne et la Grande-Bretagne).

 

Chiffres-clés belges

  • Le nombre de factures jamais acquittées en Belgique est passé de 2,5% en 2009 à 2,6% in 2010. Au total, cela signifie que les entreprises belges ont perdu l'année dernière 9,15 milliards d'euros, qui leur étaient dus.
  • Les consommateurs belges ont attendu en moyenne 39 jours pour payer leurs factures (4 jours de plus qu'en 2010). Les entreprises et les pouvoirs publics ont été un peu plus prompts que par le passé et n'ont plus attendu respectivement que 50 jours (contre 52 en 2010) et 72 jours (contre 76 en 2010).
  • 55% des chefs d'entreprises belges ont attendu 105 jours avant de requérir l'aide de professionnels pour enfin obtenir le paiement escompté.


Septième édition de l'European Payment Index, l'EPI 2011 montre que, en Europe, le nombre de factures jamais payées a de nouveau augmenté pour passer de 2,6% en 2009 à 2,7% en 2010. Ceci équivaut à une somme record de 312 milliards d'euros à passer en perte. Au total des cinq dernières années, on arrive au montant astronomique de 1.300 milliards d'euros, un pactole qui ne bénéficiera jamais aux créanciers et ne pourra donc être investi en innovation, en recherche et développement ou en emplois. 45% des entreprises concèdent n'avoir pas investi dans l'innovation en raison de la récession.

En 2010, ce en sont pas moins de 600 entreprises qui, chaque jour, ont dû faire aveu de faillite.
52% des entreprises indiquent ressentir fortement le manque de liquidités: les entrepreneurs sont coincés entre les paiements tardifs de leurs clients et l'insistance de leurs fournisseurs, eux-mêmes pressés d'être payés. Cette situation est encore compliquée par les difficultés d'obtention de crédit auprès des banques. Obtenir le paiement de son travail ou de son service en temps voulu n'a jamais été aussi important pour la santé financière de nos entreprises.

 

L'Europe est divisée

L'EPI montre d'importantes disparités entre les 25 pays européens impliqués dans l'enquête. Le "moteur" allemand connaît une importante croissance économique avec à peine 2,4% de factures impayées (contre 2,6% en 2009) et une diminution significative du délai de paiement tant au niveau des particuliers que des entreprises ou des pouvoirs publics. A l'opposé, on voit que le nombre de factures impayées au Royaume-Uni a très nettement augmenté: il passe de 2,4% en 2009 à 3,2% en 2010. La Grande-Bretagne est aussi le seul pays européen qui a dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance: pour 2011, elles passent de 2% à 1,7%, selon le FMI*.

D'autres pays européens comme le Portugal, l'Irlande, le Danemark, la Hongrie, la Suède et la Grèce, restent exposés aux problèmes liés aux risques de paiement.

 

Et la Belgique?

La septième édition de l'European Payment Index souligne à quel point, chez nous, il reste difficile d'obtenir un paiement en temps voulu: à peine la moitié de toutes les factures du pays sont payées au terme convenu.

Les entreprises belges expliquent ces retards de paiement par plusieurs facteurs. 82% des participants à l'enquête justifient les retards de paiement par les difficultés financières du débiteur. Pour 64% des répondants, le fait de traîner est purement intentionnel, tandis que 45% l'expliquent par un litige commercial. Il est frappant de constater que 69% des personnes interrogées reconnaissent que les retards de paiement trouvent leur cause dans l'inefficacité administrative ou tout simplement dans une forme d'insouciance face à cette situation.

Pour la Belgique, en 2010, le montant total des factures non payées a atteint 9,15 milliards d'euros. Ici encore, on note une progression de 2,5% à 2,6%.

Les mauvaises nouvelles sont à trouver dans le net ralentissement des paiements des consommateurs belges (+33%). Guy Colpaert, Managing Director Intrum Justitia Belgique: "Les effets de la crise économique se font encore sentir pour un grand nombre de consommateurs. Nous le constatons aussi par d'autres signes comme le nombre record de règlements collectifs de dettes en 2010". Les consommateurs belges attendent en moyenne 39 jours avant de payer une facture (4 jours de plus qu'en 2010), c'est 16 jours de plus que le délai de paiement autorisé et qui, en moyenne, est de 23 jours.

La bonne nouvelle par contre, vient des entreprises et des pouvoirs publics, qui respectent mieux les délais de paiement qu'en 2010. Les pouvoirs publics restent certes les plus mauvais élèves de la classe avec un temps d'attente moyen de 72 jours avant d'effectuer un paiement, mais on constate que ce retard s'est réduit de 4 jours par rapport à  2010. "En dépit d'une évolution positive dans le chef des pouvoirs publics, il reste encore beaucoup de chemin à accomplir pour améliorer sensiblement les délais de paiement, indique Guy Colpaert. Ceci exigera une attention accrue et une importante simplification des procédures administratives".


La solution? La rapide transposition en loi de la directive Late Payment par un gouvernement de plein droit.

"La directive européenne sur les retards de paiement, qui vise à remettre les pouvoirs publics et les entreprises sur le bon chemin en cette matière, constitue clairement un pas positif en faveur d'un assainissement des marchés économiques et une mesure souhaitable pour la protection des PME. Suite à l'approbation de cette directive au début de l'année, la Belgique dispose maintenant de deux ans pour la transposer en loi nationale. Mais elle a besoin pour cela d'un gouvernement fédéral", précise Guy Colpaert. "Sans gouvernement, la directive ne peut être mise en application. Dans l'intervalle, nos entreprises continuent à payer le prix fort face aux comportements inappropriés des pouvoirs publics, des entreprises et des consommateurs."
L'EPI 2011 montre que la nouvelle directive est connue par à peine 35% des répondants. 41% de ceux-ci jugent qu'une telle législation constitue un moyen de pression supplémentaire pour amener les débiteurs à payer à temps.

 

Le comportement de paiement des consommateurs: d'une approche curative à une approche préventive

Pour amener les consommateurs à revoir positivement leurs mauvaises habitudes de paiement, nous avons besoin de bien plus que d'initiatives sur le plan législatif. Parallèlement à une économie prospère avec un taux d'emploi élevé et des revenus décents, la sensibilisation et l'éducation, tant à l'école que dans le cercle familial, constituent un élément essentiel. Dès le plus jeune âge, une attention particulière devrait être accordée à l'utilisation de l'argent et à la notion de crédit. Les consommateurs doivent être conscients et prudents quant à leurs dépenses en matière de télécommunication, d'énergie, de soins de santé et de biens de consommation. La situation est surtout précaire quand ces dépenses sont réalisées à crédit. "Nous devons donc beaucoup plus travailler sur l'aspect prévention que sur la mise au point de formules de règlements collectifs de dettes" conclut Guy Colpaert.

Fin

*Source: IMF's World Economic Report

 

À propos de Intrum Justitia

Le groupe Intrum Justitia, créée en 1923, est le leader européen du secteur des services de gestion du crédit ('Credit Management Services'). Outre une gamme complète de services de gestion du crédit déployés à travers les différents stades du processus financier, l'entreprise offre des solutions innovantes et à valeur ajoutée pour la récupération de sommes dues aussi bien auprès des consommateurs que des entreprises dans le pays et à l'étranger. Le groupe Intrum Justitia compte plus de 90.000 clients et environ 3.100 collaborateurs dans 22 pays européens.
En Belgique aussi, Intrum Justitia est le plus important acteur sur le marché du Credit Management Services et offre une gamme complète de solutions en gestion de dettes, flux de trésorerie et rentabilité à long terme. Intrum Justitia compte des clients dans de nombreux secteurs comme l'énergie, la télécommunication, les pouvoirs publics, les soins de santé, la vente par correspondance, les banques, les assurances et les producteurs industriels. En Belgique, les 125 collaborateurs d'Intrum Justitia assistent environ 3.000 clients, ce qui offre à l'entreprise une part de marché de 25%.

 

À propos de l'European Payment Index

Cette étude a été menée sous forme écrite et simultanément dans 25 pays entre janvier et mars 2011. Près de 6000 personnes y ont participé. L'European Payment Index 2011 constitue la septième édition consécutive conduite par Intrum Justitia. Le questionnaire a été traduit dans les langues respectives des personnes interrogées. L'expédition et le retour des questionnaires ont été réalisés par les pays concernés. L'analyse des résultats a été effectuée de façon centralisée conformément aux lignes directrices prédéterminées. Toutes les informations collectées ont été vérifiées et les réponses sujettes à caution ont été écartées. De même, aucun des questionnaires renvoyés de façon anonyme n'a été pris en compte.