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LES RETARDS DE PAIEMENT METTENT LES PME EUROPEENNES EN DANGER

Les retards de paiement étranglent les PME européennes alors que les multinationales, en particulier celles situées au nord de l’Europe, se démarquent lorsqu’il s’agit d’exiger un assouplissement des délais (source : EPR 2016).

L’European Payment Report (EPR 2016) présente les résultats de l’enquête conduite par Intrum Justitia auprès de 9 440 entreprises, sur les comportements de paiement et la santé financière des entreprises en Europe.

Les PME apparaissent comme plus dépendantes et moins protégées des retards de paiement que les grandes compagnies. En moyenne, quand les entreprises règlent leurs factures avec 5,6 jours de retard, le secteur public reporte ses règlements de 7 jours. Dans les cas les plus extrêmes comme en Italie, les PME attendent jusqu’à 48 jours avant d’être payées par l’administration. Une proportion exceptionnelle de PME (35%) voit dans les retards de paiement une menace à leur survie et 4 sur 10, une entrave à leur croissance.

« Etre payé en retard est encore plus impactant pour les petites entreprises qui risquent de rencontrer des problèmes de liquidités et des difficultés financières. » observe Daniel Wiberg Economiste en chef à la Fédération Suédoise des Entrepreneurs (The Swedish Federation of Business Owners). « Que ce soit en termes d’efficacité comme de capacité à se développer et à fonctionner normalement, la situation est préoccupante pour les PME mais aussi préjudiciable à l’économie dans son ensemble. Il est navrant que le secteur public apparaisse comme un mauvais payeur dans la plupart des pays européens et il serait souhaitable qu’il montre, au contraire, le bon exemple. »

En Europe, 39% des PME ont été sollicitées par des multinationales pour allonger leurs délais de paiement au-delà de leur zone de confort. Ce constat est encore plus marqué dans les régions du Nord, où elles sont 52% en Suède, 58% au Danemark et 73% en Finlande. « Les grandes multinationales du Nord de l’Europe sont particulièrement douées pour rationaliser et réduire les coûts en pesant sur leurs fournisseurs. L’une des raisons à cette distinction régionale réside dans le fait que les PME nordiques se tiennent haut dans la chaîne de la valeur ajoutée. Cela signifie qu’elles ont moins de clients mais des commandes plus importantes et parfois des relations plutôt symbiotiques avec leurs clients. »

Subir la pression de délais de paiement plus longs augmente l’insécurité des petites entreprises. Elles font face à des difficultés pour obtenir des facilités de crédit nécessaires pour éviter les tensions de trésorerie. “ Ne pouvant assumer de risque supplémentaire, les retards de paiement pourraient les dissuader de prendre de plus grandes commandes ou conquérir de nouveaux marchés à l’export. »

Par ailleurs, 34% des PME déclarent que des paiements plus rapides leur permettraient d’accroître leurs effectifs et l’EPR 2016 estime à 7,7 millions le nombre d’emplois qui pourraient être créés si les entreprises européennes étaient payées à temps.