Aller au contenu principal

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies qui permettront d’améliorer votre expérience sur notre site. En savoir plus sur l'utilisation des cookies et la manière de modifier vos paramètres

Les évolutions du métier d'huissier de justice

Entretien avec Maître Laronde-Fournier, Huissier de Justice au sein du réseau d'Intrum Justitia.

En quoi consiste votre travail au quotidien dans le cadre du partenariat avec le groupe Intrum Justitia ?

 Nous intervenons sur les créances civiles confiées par Intrum Justitia et les créances commerciales remises par sa filiale IJCOF.

En phase amiable ou pré contentieuse, nous définissons des plans d’actions sur mesure, adaptés à la typologie des créances dont nous avons la gestion. SMS, visites domiciliaires, courriers… nous sommes capables de déployer les actions très rapidement avec pour objectif premier d’entrer en contact avec le débiteur afin de l’amener à une solution satisfaisante qui tienne compte de ses préoccupations.

L’écueil que nous rencontrons dans la profession est la difficulté grandissante que nous avons à entrer en relation avec le débiteur. En l’amenant à se rapprocher de nous ou en nous déplaçant physiquement, nous mettons l’accent sur le contact et l’accompagnons pour favoriser la mise en place d’une solution.

De plus, établir un plan de remboursement accepté d’un commun accord permet aussi d’économiser les frais et les délais d’un procès.

Notre philosophie est la même pour les dossiers titrés. Dans tous les cas, nous nous adaptons à la situation et privilégions la médiation.

 

Comment situez-vous Intrum Justitia parmi les autres sociétés de recouvrement ?

Nous travaillons avec bon nombre de vos confrères et la vision du groupe Intrum Justitia est un peu différente. Vous vous distinguez par la volumétrie et la qualité de vos dossiers.

Nous observons une montée en puissance des encours confiés à notre étude alors que le marché est sur une tendance baissière. Les dossiers sont de qualité et le panel très varié, notamment avec le développement de votre activité rachat.

Le partenariat avec Intrum Justitia va au-delà de la collaboration. Il est participatif et basé sur la confiance. Une charte a été définie pour coller au plus près des attentes des Huissiers de Justice et les mettre dans les meilleures conditions pour travailler.

Par ailleurs, nos interlocuteurs ont une connaissance très fine du recouvrement ce qui nous permet, nous Huissiers de Justice, d’être plus efficaces.

 

La nouvelle compétence Cour d’Appel transforme-t-elle le fonctionnement de votre étude et avez-vous des projets en lien avec cette évolution ?

En 2014, nous avons anticipé l’extension de la compétence territoriale en nous associant à une autre étude après avoir fait une analyse préalable du marché. Depuis, les effectifs de notre étude ont doublé et nous sommes maintenant répartis sur 3 établissements et compétents sur l’ensemble de la région Auvergne, en capacité de traiter toutes les demandes sur les départements 03 (Allier), 63 (Puy-de-Dôme), 15 (Cantal) et 43 (Haute-Loire). Actuellement nous connaissons un fort développement sur l’Allier.

Ainsi, nous renforçons notre mission d’utilité publique en affirmant notre politique de proximité, notamment dans le cadre de l’exécution des décisions de justice.

 

Concernant le décret sur le recouvrement simplifié des petites créances paru il y a maintenant plus d’un an et demi, avez-vous noté un impact sur votre activité ?

Nous nous sommes interrogés mais nous n’avons aucun intérêt à nous investir sur le sujet. Très peu d’huissiers s’y intéressent et je ne connais pas un confrère qui se soit développé sur les petites créances.

Donner au débiteur l’initiative de reconnaître sa dette revient à lui donner l’initiative de sa condamnation. Pour illustrer, imaginez un automobiliste qui ne respecte pas un feu rouge et qui va se rendre spontanément au commissariat pour déclarer son infraction, déterminer le nombre de points qui seront retirés de son permis et l’amende à payer.

Par ailleurs, faire intervenir deux huissiers, l’un pour homologuer le protocole transactionnel auprès du Tribunal de Grande Instance et l’autre pour exécuter le titre obtenu complexifie le processus et allonge les délais de traitement.

Si nous voulons désengorger les Tribunaux et accélérer le traitement des petites créances, nous pourrions nous inspirer de la procédure en vigueur pour les chèques impayés. Après avoir récupéré le certificat de non-paiement, l’Huissier de Justice le signifie au débiteur qui a un délai de 15 jours pour régulariser. A défaut, un titre exécutoire valant décision de justice est émis. Les petites créances sont sujettes à interprétation et il est important de bien étudier le lien contractuel qui unit les parties mais sur une facture pure, nous pourrions tout à fait envisager d’adopter une procédure équivalente à celle des chèques impayés/.

Si le décret sur les petites créances avait été plus en adéquation avec la réalité terrain, il aurait été très suivi et aurait bénéficié à la fois au désengorgement des Tribunaux, au débiteur, au créancier et à l’huissier de justice. Son évolution est souhaitable.

 

Quel conseil donneriez-vous aux créanciers  pour améliorer leurs performances encaissement ?

Trop de créances sont passées à pertes ou dorment dans les armoires alors que prendre un titre permet d’allonger le délai de prescription. Le retour à meilleure fortune existe. En laissant respirer le dossier et en le reprenant quelques mois plus tard, on se donne les moyens de recouvrer la créance.

Cette démarche est facilitée aujourd’hui avec la numérisation qui permet d’agender la reprise du dossier et de disposer immédiatement des éléments préalablement scannés.

Intrum Justitia a cette compréhension et travaille dans ce sens.

Chaque dossier est un défi et demande de la pugnacité. C’est de là que naît le bon recouvrement.